La vie de Bertrand à partir d'un collage d'extraits d'articles provenant des médias locaux




Des rues de Montréal à Sutton: l'itinéraire de Bertrand Derome

Bertrand Derome est le seul camelot de L'Itinéraire à vendre la publication au-delà des limites de la métropole. On le retrouve les 1er et 15e jours du mois dans le stationnement du bureau de poste de Sutton.
À l'ombre du kiosque de la rue Principale où 
Bertrand vend L'Itinéraire depuis plus de dix ans.
Photo : Archives de La Voix de l'Est.
MARIE-ÈVE MARTEL
La Voix de l'Est, 24 juillet 2014

Il faut l'admettre, M. Derome ne l'a pas eue facile. Dès la préadolescence, l'homme, aujourd'hui âgé de 54 ans, s'est retrouvé dans le monde interlope, fréquentant des motards et vendant de la drogue. « J'ai eu beaucoup de mauvaises influences qui m'ont fait prendre des mauvaises décisions », reconnaît-il. Il a lui-même consommé du crack pendant deux décennies. Il s'est retrouvé en prison pour dix ans et en a ensuite vécu neuf ans dans les rues de Montréal. Il dormait dans les portiques de guichets automatiques ou d'immeubles à logements. Les derniers temps ont été très difficiles. « La dernière fois que j'ai consommé, [je suis] passé proche de la mort, raconte l'ancien itinérant. Ma consommation était devenue très dévastatrice et moi, très maigre. Je devais peser environ 80 livres. Pour un gars de 5'11'' comme moi, c'est pas beaucoup...

Une décision qui change une vie
Puis, un jour, un juge lui donne le choix: ou bien il se tient loin de Montréal durant six mois, ou bien il retourne derrière les barreaux. Il n'en a pas fallu plus pour que Bertrand Derome saisisse l'occasion qui a changé sa vie. Aidé par ses parents, avec qui il entretient cependant une relation conflictuelle, il emménage dans un appartement à Sutton. La transition ne s'est pas faite sans heurt. « Il a fallu que je réapprenne à vivre. Ce n'est pas facile quand tu vis dans un monde de dope, de crime, et qu'après ça, tu retournes dans un monde normal », dit-il.

Bertrand Derome: une «deuxième vie» vouée à la sensibilisation

ROXANNE LANGLOIS
Granby Express, 13 décembre 2017
Il lui aura fallu 17 thérapies, 25 séjours en désintoxication, un long passage derrière les barreaux et une retraite spirituelle pour réellement se sortir de la rue. Mais le chemin à parcourir est bien plus long lorsqu’il est question de sortir la rue de sa vie. C’est pourquoi  Bertrand a dû travailler sur lui et ses comportements. «Aujourd’hui, je veux être le vrai Bertrand, je suis fier du monsieur que je suis devenu. Mes clients me trouvent sympathique, j’ai beaucoup d’entregent. Je me découvre des belles qualités, tranquillement», raconte-t-il en buvant un café.
Bertrand Derome a en quelque sorte débuté une deuxième
vie, lorsqu'il s'est installé à Sutton, il y a environ 9 ans.
S'étant littéralement fondu dans le paysage, l'homme est
désormais surnommé «Monsieur Sutton». 
Photo: Roxanne Langlois
Premier camelot officiel de l’Itinéraire à l’extérieur de la Métropole, il vit modestement dans un quatre et demi à Sutton, «le lieu de sa renaissance».  La population l’a littéralement adopté. «J’ai des belles affaires. Il n’y a rien de neuf, mais c’est à moi. Ce n’est pas volé. Quand j’arrive chez moi, j’ai de la nourriture dans le Frigidaire. Je ne vis pas sur l’or, mais je ne manque de rien», se réjouit-il, tout sourire.
Dédié à la sensibilisation
Alors que plusieurs de ses amis n’ont pas fait le même choix et sont aujourd’hui décédés d’une overdose, M. Derome, lui, est bien vivant. Il en est heureux. L’homme se garde chaque jour sur le droit chemin, loin des tentations et de ses anciens démons. Il avoue ne pas toujours trouver ça facile. À travers cette grande quête visant à se découvrir lui-même et son travail de camelot, celui que l’on surnomme «Monsieur Sutton» accepte toutes les opportunités de raconter son passé. Même s’il est, par bribes, difficile à entendre.


VINCENT LAMBERT
Granby Express, 13 septembre 2019

Le camelot de Sutton et de Granby, Bertrand Derome 
(au centre) continue de recevoir l'appui des gens même 
s'il ne peut plus distribuer L'Itinéraire. 
(Photo : Granby Express-archives)
COMMUNAUTÉ. Bien connu dans la région, le camelot du magazine L'Itinéraire, Bertrand Derome, aussi appelé «Monsieur Sutton», a reçu de la grande visite hier à son point de vente au Metro Plouffe de Granby. L’animateur Jean-Marie Lapointe et le conseiller municipal Robert Riel ont joint leur voix pour aider l’homme sympathique à vendre sa pile de publications bimensuelles dans le cadre de l’activité Camelot d’un jour.



Se libérer des «prisons intérieures»
Pour l’animateur Jean-Marie Lapointe, Bertrand Derome est un symbole de résilience, voire même de renaissance. Les deux hommes se connaissent depuis plusieurs années, et ont même collaboré dans la série, Face à la rue.
«[Bertrand] n’est plus juste vu comme le gars qui bomme dans la rue, il est vu comme un gars qui te vend quelque chose et ce qu’il vend, ça lui donne une raison d’être, de la visibilité. Moi, je trouve ça extraordinaire. Ça ne lui a pas juste donné un emploi, mais une dignité. Il est reconnu comme étant une personne qui est un incontournable dans le paysage. Tu le regardes, lui, il fait tout sauf pitié. Il est valorisé là-dedans, il aime le monde, les gens le reconnaissent. Je pense que c’est ça sa rédemption. Bertrand, c’est un miracle.»
Cette année, c’est le 25e anniversaire de L’Itinéraire, donc, «on veut célébrer en grand cette dignité-là parce que c’est ça aussi qu’on veut, c’est de traiter les gens en situation d’itinérance avec dignité. Cette réinsertion possible dans la société en tant qu’être humain à part entière passe aussi par l’emploi. [L’Itinéraire] leur donne une chance de se trouver aussi une valorisation.»
Si auparavant M. Derome était restreint dans sa vente, le conseiller municipal Robert Riel a proposé aux élus de permettre au camelot de vendre partout dans la ville, ce qui a été accepté.
«Normalement, les gens n’ont pas le droit de vendre, ça te prend un permis, a souligné M. Riel. Il y a quatre ans, on avait ouvert le territoire de Bertrand  à trois endroits pour pouvoir vendre près de la rue, sur le trottoir. Dernièrement, ce printemps, j’ai demandé qu’on ouvre le territoire de la ville de Granby au complet pour Bertrand. Ça veut dire qu’il peut se promener n’importe où et la police ne l’achalera pas. Il n’a pas besoin de permis, il a le droit de vendre L’Itinéraire.»
Robert Riel est régulièrement en contact avec Bertrand Derome, son histoire l’a touché. «J’ai voulu m’impliquer quand j’ai choisi les dossiers communautaires, a expliqué M. Riel. C’est ça que j’avais à cœur, la pauvreté, nos aînés et tout ça. Ça fait partie de ma vision à moi. Son parcours m’a touché beaucoup. Il y a 11 ans, il était couché sur le trottoir, mendiait, il était carrément gelé à longueur de journée. Là, il s’est pris en main, il a réussi à se relever debout. Chapeau pour ce gars-là, c’est vraiment une belle image pour certains qui pourraient se prendre en main comme lui. Il a un parcours étonnant.»

Le camelot de L'Itinéraire tient le coup


VINCENT LAMBERT
Le Guide de Cowansville, 20 avril 2020
COVID-19. Même s’il ne distribue et ne vend plus L’Itinéraire dans la rue en raison de la pandémie, le célèbre camelot de la région, Bertrand Derome, se porte bien. Il continue de recevoir de l’aide financière par l’entremise de dons en ligne, ce qui lui permet de se nourrir grâce à des cartes-cadeaux d’épicerie.


«Présentement, je ne peux pas vendre L’Itinéraire parce qu’il n’y a pas personne, a confié le sympathique camelot de Sutton et Granby dans un entretien téléphonique.  C’est rendu beaucoup heavy pour le virus. Les camelots ne vendent plus.»
Pour continuer d’apporter un soutien aux camelots, L’Itinéraire a développé un concept dans lequel les gens peuvent faire des dons en ligne qui sont par la suite utilisés pour remettre des cartes-cadeaux d’épicerie aux camelots désignés.
«Je me suis trouvé un appartement à prix modique à Sutton, a affirmé celui qui a reçu l’aide de bons samaritains comme il les appelle. Ça fait trois ans et demi que j’attendais pour ça. C’est sûr [que ça me manque de vendre L’Itinéraire]. J’ai un bicycle électrique, je peux aller me promener et regarder la nature. Je fais mon petit train-train.»

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Le « mur musée » de Bertrand

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